Formations

Déroulement des formations

  •  1 journée de présentation/projection des films, début octobre. Présentation et projection en salle des films de la programmation annuelle

 

  •  2 journées de formation autour des films, de mi-octobre à mi-novembre. La formation porte sur chaque film, à partir d’une contextualisation, d’extraits qui parcourent l’histoire du cinéma, la filmographie du réalisateur, celle d’autres cinéastes, et ménage et des rapprochements avec les autres arts.

 

  •  2 journées consacrées à une question de cinéma (formation à public restreint), début février. Une approche transversale du cinéma, reliée à l’actualité cinématographique, ou, plus largement du domaine de l’image

Dates et lieux des formations

Journées de projection - toutes académies

Cinéma Méliès - 13 place Jaurès | 93100 Montreuil

  •  jeudi 6 octobre 2022
  •  vendredi 7 octobre 2022
  • lundi 10 octobre 2022

Sessions de formation  

Cinéma Le Méliès - 12 place Jean Jaurès | 93100 Montreuil

  • 13 et 14 octobre 2022 - Académie de Créteil
  • 17 et 18 octobre 2022 - Académie de Créteil
  •  20 et 21 octobre 2022 - Académie de Versailles

 

Espace Jean Vilar - 1, rue Paul Signac | 94110 Arcueil

  • 7 et 8 novembre 2022 - Académie de Créteil
  • 14 et 15 novembre 2022 - Académie de Versailles
  • 17 et 18 novembre 2022 - Académie de Versailles

Sessions thématiques à public restreint

Cinéma Le Luxy - Ivry-sur-Seine

  • 30 et 31 janvier 2023

Présentation des formations sur les films

La dame du vendredi par Emmanuel Burdeau

Sommet du cinéma américain classique, La dame du vendredi (1940) frappe par son évidence, selon le mot de Jacques Rivette au sujet de son réalisateur, Howard Hawks. Comment, dès lors, en dégager les reliefs ? En faisant valoir son inscription au sein d’une triple histoire aux échos contemporains. D’abord celle des adaptations – il en existe trois – de la pièce sur le journalisme de B. Hecht et C. MacArthur, dont Hawks a tenu à féminiser un des deux personnages principaux. Ensuite l’oeuvre hawskienne, où le rapport entre les sexes possède un rare dynamisme. Enfin l’importance du genre et de sa mobilité dans la comédie américaine en général. Qu’est-ce qu’être un homme face à une femme ? une femme face à un homme ? Ou encore, comme y insiste notre film, qu’est-ce que faire partie de l’humanité ?

Emmanuel Burdeau est critique de cinéma. De 2004 à 2009, il a été rédacteur en chef des Cahiers du cinéma. Il a ensuite été directeur littéraire des éditions Capricci, ainsi que collaborateur régulier de Mediapart, Le Magazine Littéraire, Art press, So Film et Trafic. Il a également dirigé une collection aux Prairies Ordinaires. Il est l’auteur de plusieurs livres sur le cinéma et sur les séries, et prépare une biographie de Serge Daney à paraître aux éditions La Découverte.

 

Raging Bull par David Elkaïm

Par quel bout faut-il attraper Raging Bull ? En dépit de sa mise en scène ébouriffante et inventive, des combats de boxe notamment, Raging Bull reste un film peu accueillant. Est-ce un biopic, un film de boxe ou un portrait sans concession (et par la même occasion, un autoportrait), impressionniste et satyrique, d’une figure iconique (le boxeur) du cinéma hollywoodien ? Et comment éprouver de l’empathie pour son protagoniste, Jack La Mota, violent, misanthrope et misogyne, dont on a du mal à savoir à première vue ce qui l’anime ? En se concentrant sur les choix dramaturgiques et narratifs du duo Schrader-Scorsese, l’intervention proposera des outils d’analyse qui permettront de répondre à ces questions.

David Elkaïm est scénariste. Il a co-écrit des longs métrages (pour Olivier Babinet, Maïmouna Doucouré) et co-créé et co-écrit plusieurs séries pour ARTE, dont les trois saisons d’Ainsi-Soient-Ils, les premières d’En thérapie et du Monde de Demain. Depuis peu, il a monté une société de production, Perpetual Soup, pour avoir une maîtrise plus importante sur son travail.

 

Femmes au bord de la crise de nerfs par Murielle Joudet

Femmes au bord de la crise de nerfs s’inscrit dans une oeuvre, celle de Pedro Almodόvar, qui s’est toujours efforcé de montrer que le métier de spectateur précède celui de cinéaste et que, l’innocence du regard désormais évanouie, nous reste la joie du geste godardien, qui consiste à faire des films comme autant de collages pop qui brassent à toute allure les références, pures et impures : cinéma, telenovelas, publicités, magazines, peintures. Vaudeville postmoderne, Femmes au bord de la crise de nerfs résonne aujourd’hui comme le manifeste pour un cinéma intense, aussi invraisemblable qu’hyperréaliste. Nous l’appréhenderons pour ce qu’il est : une boîte à outils anti-naturaliste qui, dans un même mouvement, analyse la condition du spectateur d’aujourd’hui pour qui tous les affects et l’existence elle-même sont désormais médiés par l’art.

Murielle Joudet est critique de cinéma pour Le Monde, les Inrocks, les Cahiers du cinéma, Le Cercle (Canal+) et le site Hors-Série. Elle a publié des essais sur Isabelle Huppert, Gena Rowlands et Alfred Hitchcock. Son dernier livre, La Seconde femme - ce que les actrices font à la vieillesse (éd. Premier Parallèle) est paru en septembre 2022.

 

Y aura-t-il de la neige à Noël ? par Lucile Commeaux

Y aura-t-il de la neige à Noël ? est le premier long-métrage, sorti en 1996, d’une jeune réalisatrice, Sandrine Veysset, qui s’est largement inspirée de son enfance pour livrer ce film bouleversant et très personnel, chroniquant l’année d’une famille d’agriculteurs en crise – un couple illégitime qui élève sept enfants. On tentera d’appréhender les différentes formes et genres qui le traversent, notamment le conte, le récit de soi et la peinture réaliste, différentes références qui semblent travailler les unes contre les autres, et de la collusion desquelles naît un objet étrange.

Après des études de Lettres, Lucile Commeaux officie à France Culture, où elle a animé plusieurs chroniques et émissions d’entretiens culturels et de débats critiques. Elle collabore aussi occasionnellement à Libération et aux Cahiers du Cinéma.

 

Proxima par Claudine Le Pallec-Marand

Alice Winocour filme un appareillage technique à travers des lieux contemporains mythiques encore vierges de cinéma : le camp d’entraînement de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) de Cologne, l’historique Cité des étoiles, base militaire créée en 1963 à Moscou et le Cosmodrome de Baïkonour. Son « film d’espace sur terre » se distingue du récit du trajet conquérant déployé dans le cinéma étatsunien avec l’aide des moyens de la Nasa depuis 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968). La cinéaste s’attache au temps, à l’équipement et au travail nécessaires à la préparation d’une astronaute sélectionnée pour un programme d’un an sur une station en révolution autour de notre planète. Parallèlement, la séparation avec la terre implique une séparation inédite et douloureuse avec sa petite fille (et réciproquement) dont elle avait jusqu’ici pris en charge l’éducation. L’héroïne se confronte à des épreuves physiques et existentielles terrestres aussi réalistes que symboliques.

Docteure en cinéma, Claudine Le Pallec Marand enseigne l’esthétique et l’histoire du cinéma à l’université (Amiens, Paris 3 censier, Paris 8 Saint-Denis). Spécialiste des réalisatrices et de la représentation des genres sociaux, en 2016, elle a publié dans la collection « Côté films » des éditions Yellow Now (Marcos Uzal/Emmanuel d’Autreppe) une monographie de film qui est aussi un essai : Anatomie d’un rapport de Luc Moullet et Antonietta Pizzorno. Du bon usage cinématographique du MLF et du porno.