Hyènes - Par Rochelle Fack

Fiche numérique

Dans le cinéma africain, Djibril Diop Mambéty occupe une place à part. Comédien et scénariste sénégalais, son œuvre, en tant que réalisateur, se résume à cinq courts-métrages (dont le magnifique La petite vendeuse de soleil (1998) évoqué dans la fiche sur J’ai perdu mon corps), et deux longs-métrages, Touki Bouki (1973) et Hyènes (1992). Il marqua le cinéma avec des films politiques et poétiques, aux récits empruntant à la fable et à la tragédie antique. En ce sens, j’aurais ici pu rapprocher Hyènes de certains films de Pier Paolo Pasolini, comme Oedipe roi (1967), Porcherie (1969), ou Les mille et une nuits (1974). Cela aurait sans doute mis en relief son esthétique impure, revendiquée comme arme politique. J’indique cette voie de réflexion sans toutefois l’investir, car j’ai pris le parti de mettre en avant deux autres très grands réalisateurs qui ont travaillé sur la question de la représentation des africains et, depuis eux, de celle des “hommes blancs” : le compatriote de Mambéty, Ousmane Sembène, et l’inventeur du cinéma ethnographique, Jean Rouch.

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