Journées cinématographiques thématiques: Saint-Denis

Du 7 au 13 février 2018

Les Journées cinématographiques dionysiennes reviennent pour leur 18e édition, du 7 au 13 février 2018 à Saint-Denis, avec REBEL REBEL.

Qu'ils soient marginaux, hors-la-loi, esprits libertaires ou leaders politiques, les rebelles peuplent les grands classiques du cinéma, autant que le film militant ou le cinéma d'exploitation. Le rebelle est celui qui refuse tout compromis, partagé entre idéalisme et violence, il dresse souvent par son action le portrait d’une époque en crise. Si cette rébellion est souvent flamboyante, elle peut aussi se faire plus discrète : nos héros et héroïnes deviennent rebelles dès lors que – par leur seule force – ils décident de refuser notre monde et sa logique.
En parallèle de leurs personnages, de nombreux artistes ont aussi fait de la rébellion et de la rupture esthétique leur mode premier de réalisation. Leurs films en tout points subversifs deviennent alors des remises en question radicales de l'art cinématographique.
Cette 18e édition des Journées cinématographiques dionysiennes dressera un grand panorama de la rébellion à l'écran, avec plus de soixante-dix films (inédits, avant-premières, classiques) et de nombreuses rencontres en présence de cinéastes, critiques ou membres de la société civile.

Les trois journées proposées:

MARDI 6 FÉVRIER 2018
JOURNÉE LYCÉENS EN IMMERSION DE FESTIVAL

« Un certain Robin des Bois »
Journée conçue et animée par Laurent Aknin, critique et historien de cinéma.

10h00 Accueil, petit déjeuner et présentation de la journée

10h30-12h Ciné-conférence émaillée d’extraits de films

« Héros folklorique britannique rapidement devenu universel, dont les origines historiques
remontent à la fin du moyen-âge, Robin Hood, devenu « Robin des Bois » en France, est
l’archétype du bandit au grand coeur. Héros « national », il symbolise la résistance des Saxons
contre les envahisseurs normands. Homme de guerre légitimiste, il est le fidèle archer du roi
Richard Coeur de Lion, qui va se révolter contre un usurpateur, le Prince Jean. Enfin, défenseur
des paysans, des serfs et du peuple écrasé par les charges et l’injustice, il va devenir le voleur
qui prend aux riches pour donner aux pauvres, inventant pour l’occasion une forme de société
libre dans la forêt de Sherwood. Autant de manières de révoltes qui vont être mises en avant, ou
non, dans les multiples versions cinématographiques du mythe, et qui seront abordées au cours
de la ciné-conférence. » L.Aknin

12h-13h30 Déjeuner au lycée

                   

14h Présentation et projection de LES AVENTURES DE ROBIN DES BOIS
de Michael Curtiz, William Keighley/Etas-Unis/1938/Couleur/1h42/VF

Parti pour les croisades, le roi Richard Coeur-de-Lion est fait prisonnier par Léopold d'Autriche qui
demande une rançon. Plutôt que de payer, le Prince Jean, fre re du roi, s'installe sur le trône
d'Angleterre. Robin de Locksley, archer de grande valeur, refuse de reconnaître l'usurpateur et
organise dans la forêt la résistance pour sauver son roi.
16h Fin de journée

VENDREDI 9 FÉVRIER 2018
MATINÉE EN IMMERSION DE FESTIVAL

Matinée présentée par Nicolas Chaudagne, coordinateur du dispositif LAAC et enseignant à Paris Est.

10h Présentation et projection du film Un Roi à New-York de Charlie Chaplin

« Charlie après Charlot, toujours roi du cinéma.

C’est toujours à une traversée de l’histoire du cinéma et du monde que nous convie Chaplin. Il accompagna
en son temps, par l’évolution du personnage de Charlot, la mue du cinéma burlesque du
muet au parlant. En 1957, Charlie "soldat" livre une de ses dernières cartouches, en tant que réalisateur
mais surtout en tant que premier rôle. Depuis l’Europe, où il est contraint à l’exil par l’Amérique
maccarthiste, il règle ses comptes à travers cette comédie personnelle, ironique et acerbe. »
Nicolas Chaudagne

Un roi à New-York film de Charles Chaplin
Etats-Unis/1957/Noir et Blanc/1h50/VOstf/ avec Charles Chaplin, Dawn Addams, Michael Chaplin
« Une révolution fait partie des petits problèmes de la vie moderne ». Cette sentence mi-amère,
mi-ironique, est dite par Le Roi Shadov après qu’il ait été destitué par une révolution et volé par
son propre premier ministre. Réfugié à New-York, il se renseigne sur l’énergie atomique dans l’espoir
insensé de créer un monde idéal. Après avoir fait la connaissance d’un jeune reporter dont les
parents communistes ont été dénoncés, il va secourir ce dernier lors d’une audience maccarthiste.

12h15 Fin de la matinée

VENDREDI 9 FÉVRIER 2018 - MASTERCLASS TONY GATLIF
animée par Mehdi Benallal, cinéaste, critique au Monde Diplomatique

14h - 15h50 Masterclass TONY GATLIF en sa présence

« Les films de Tony Gatlif transpirent l’évidence d’une confiance totale en la force de son regard, aiguisé par

une oreille absolue. Cinéaste-musicien hanté par les injustices et par les guerres (il a raconté dans Liberté les
rafles des Roms sous l’Occupation), Gatlif s’identifie de toute son âme à ses personnages dominés par des
élans irrépressibles qui les font se révolter, courir, aimer, danser, contempler, se battre et tomber, sans jamais
de regrets. Leurs sentiments sont à la fois simples et pleins : joie, colère, tristesse, désir, révolte, compassion.
S’ils ne savent pas toujours bien ce qu’ils cherchent en traversant les frontières (on trouve cette figure de la traversée
des frontières dans la plupart des films de Gatlif : Gadjo Dilo, Exils, Transylvania, Djam, etc.), ils savent
ce qu’ils quittent et ne regardent plus en arrière. Comme Chaplin, Tony Gatlif sait cela d’instinct, pour avoir
connu la misère noire, et c’est pourquoi sa solidarité avec les laissés-pour-compte est immédiate, évidente,
absolue. Tous ses films, ses comédies loufoques comme ses drames historiques, ses récits de quêtes d’identité
comme ses documentaires, sont des manifestes libertaires d’une folle générosité. » Mehdi Benallal

16h - Projection de Gadjo Dilo de Tony Gatlif
France-Roumanie/ 1h38/1997/ avec Romain Duris et Rona Hartner
Gadjo Dilo, l’un des plus grands succès de Tony Gatlif, est une merveille d’équilibre entre un réalisme cruel et
parfois cru, et un romantisme pur mais déchaîné. Le film suit le gadjo (c’est-à-dire le « non-tzigane ») Romain
Duris dans sa quête, sur les routes de Roumanie, d’une chanteuse dont son père avait une cassette. Il trouvera à la
place la musique et l’affection des Gitans et vivra, le temps d’une grande parenthèse pleine d’ivresse et de tragédies,
l’expérience de l’amour fou et de la profonde tristesse.