Journées cinématographiques 2021

3 mars au 5 avril 2021

Les Journées cinématographiques questionnent les problématiques de la société contemporaine à travers l’histoire du cinéma.

Cette 21e édition des Journées cinématographiques est articulée autour du thème La Part animale. Dans un contexte écologique brûlant, la coexistence entre les différentes espèces est une problématique toujours plus d'actualité. Que nous dit le cinéma de nos rapports avec ces animaux, sauvages ou domestiqués ? Quel regard portons-nous sur eux et dans quelles conditions capturons-nous leur image ?

Si La Part animale permet d'interroger via le cinéma l'espace qui revient aux animaux, c'est aussi l'occasion d'explorer chez l'Homme ce qui le relie aux animaux, ou «l'animalité».

Proposition 1 : télécharger déroulé

Atelier en classe « Je ne suis pas un animal, je suis un être humain »

par Laurent Aknin, critique et historien de cinéma

Atelier émaillé d’extraits de films (1h)

« Le rapport entre l’humanité et l’animalité est bien souvent au coeur du cinéma fantastique: créa- tures doubles, monstres et métamorphoses en sont les thèmes privilégiés. Un humain peut ainsi se transformer en animal, ou bien posséder une double nature, ce qui est proprement « horrible » pour le sens commun. Il se produit alors une confusion entre deux des « règnes » de la nature : d’un côté la dimension « animale » de l’être humain (le « Hyde » du Dr. Jekyll), et de l’autre la part sensible et consciente de l’animal - qui fait que King Kong, ou l’amphibien du Lac Noir, finit par tomber amou- reux... Le Fantastique utilise toutes les ressources de l’Imaginaire en présentant des créatures « chimériques »; Mais le cinéma a aussi exploré une autre piste encore plus perturbante: celle de ra- conter ou de montrer des créatures « vraies ». Dans Freaks, Tod Browning utilise d’authentiques « phénomènes » de cirque pour créer un film d’horreur. Avec Elephant Man, David Lynch reprend les l’univers esthétique du cinéma fantastique gothique, pour raconter, non pas une figure légendaire, mais un personnage authentique. » L. Aknin

Présentation et projection de Elephant Man de David Lynch (2h)

Inspiré de l’histoire vraie d’un célèbre « cas » médical du 19ème siècle, le film raconte l’histoire de Joseph /John Merrick, un britannique atteint d’une maladie dégénérative incurable. Merrick, que ses multiples difformités ont transformé en un véritable monstre, est exhibé comme un animal de foire sous le nom de « l’Homme-Éléphant ». Découvert par un médecin, il est accueilli dans un hôpital et progressivement, regagne son humanité perdue et sa place dans la société. Sous la direction de Da-
vid Lynch, et par la magnifique photographie en noir et blanc de Freddie Francis (lui-même réalisateur de films fantastiques), cette histoire devient une parabole sur la quête de la dignité humaine.

Proposition 2 télécharger déroulé

La part animale 
Séance animée en classe par Stratis Vouyoucas

introduction et projection du film ROAR de Noël Marshall

Roar est un film fou, souvent présenté comme le plus dangereux jamais tourné : au milieu de leur sanc- tuaire pour grands félins issus du trafic illégal, l’actrice Tippi Hedren, son mari Noël Marshall, et leur trois enfants, se soucièrent plus du bien-être de leurs bêtes que du leur. Si à première vue c’est un film catas- trophe à la limite de la comédie qui se déroule, c’est aussi un plaidoyer pour une reconsidération des animaux qui est en jeu. L’existence même du tournage repose sur une réalité des félins qui nous échappe à priori : non pas des bêtes sauvages féroces, mais des individus avec lesquels une forme de communication est possible. Le tout au sein d’une mise en scène outrée qui laisse entrevoir le gouffre entre ce que sont les animaux, et ce que le réalisateur essaie d’en faire paraître..

LA PART ANIMALE

Ce parcours agrémenté d’extraits revient sur le film ROAR pour en interroger la présence animale. « La part documentaire, car filmer des animaux, c’est fil- mer une part irréductible de réalité. L’animal appartient toujours un peu au documentaire. Le confronter à l’humain, c’est confronter deux règnes, mais aussi deux régimes d’images, que ce soit pour les opposer ou pour les rapprocher (Nanouk l’esquimau de Flaherty, Crin Blanc de Lamorisse, Mogambo de Ford..). Il sera question également de Symbolique animale : Comme dans la tradition littéraire, comparer l’homme à l’animal a bien souvent une fonction symbolique ou allégorique : c’est une façon d’identifier, de caractériser ou de caricaturer les humains comme une façon d’humaniser les bêtes. Ou bien encore de Devenir Animal : La part animale de l’humain, sa part d’instinct, sa part sauvage a été traitée dans des récits de mutation ou de métamorphose qui ont bien souvent une fonction de révélateurs de sa violence latente (Wolverine dans la série des X-men) ou de ses désirs refoulés (La Féline de Jacques Tourneur) » S.Vouyoucas

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